Présidentielle 2018 : Qui finance le candidat Diallo ?

Les ressources tirées de sa mine de Kodieran et celles du complexe gazier Petroma, qui peinent véritablement à prendre ses marques, sauraient-elles permettre au candidat Aliou Boubacar Diallo de mener une vie royale ?

Assurément non. Les connexions de l’homme d’affaire à l’échelle internationale y sont pour beaucoup. Aliou Boubacar Diallo, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2018. Son nom en soit fait frémir la classe politique. Le parti qu’il représente, ADP Maliba, prêche l’alternance et multiplie les rencontres en coulisse pour atteindre l’objectif. Il aurait comme bras droit l’homme d’affaire Olivier Couriol. Ce franco suisse est cité dans les sulfureux documents swissleaks avec des connexions à plusieurs sociétés offshore.  Il étend ainsi son contrôle sur une panoplie de sociétés offshore.

Une complicité qui dépasse les frontières

L’on ignore à présent ce que sont devenus les 5 millions d’actions de Pearl Gold transféré dans le compte suisse d’Olivier Couriol. Sans la moindre justification économique, Diallo a tout le temps avancé que les 60 millions ont été injectés dans Wassoul’or. « Ces actions ont été transférées à Martagon en lui donnant un mandat pour les vendre et reverser les produits de la vente en faveur du projet minier au Mali, pour financer les activités de Wassoul’or », défend-il.

En effet, la société Sodinaf de Diallo a transféré en avril 2012, 5 millions d’actions soit 60 millions d’euro vers un compte suisse de la Société Martagon Investments Limited détenue par Olivier Courriol.

Le magot a couru tous les rouages du monde offshore arpentant différents paradis fiscaux, si l’on se réfère aux documents confidentiels qui nous sont parvenus. Olivier Courriol est connu pour être l’homme des gros montages financiers dans les opérations capitalistiques les plus audacieuses des grands groupes.

 

300 travailleurs à la porte pour motif économique

Les états financiers non plus ne permettent pas de voir les traces de cette opération. Un rapport sur les dettes et les charges de Wassoul’or fait encore craindre beaucoup d’investisseurs. Quand bien même une expertise diligentée récemment dans la plus grande opacité par la société DMT, membre du groupe TÜV Nord, déclare que Wassoul’or vaut 345 millions de dollars. Au-delà de sa valeur théorique, aucun calcul n’a prouvé que Wassoul’or est un gisement.

L’on s’interroge depuis lors sur les sources de financement de l’opérateur minier quand on sait que les deux mines dont il est détenteur sont quasiment aux arrêts. Lancé pour produire 5 tonnes par an, Kodieran ne produit que mirage. Une mine qui devrait atteindre ses objectifs de production en 2016. Hélas ! En 2013, il s’est vu dans la l’obligation de mettre à la porte 300 travailleurs pour motif économique. Selon plusieurs collaborateurs ou anciens collaborateurs de Diallo, le bras financier de l’homme d’affaire est sensé être Olivier Couriol. Pearl Gold détient en effet des actions dans la mine Kodiéran à hauteur de 25 %. En 2014, Diallo se réjouissait des initiatives judiciaires perdues de Pearl Gold.  La cour d’Appel de Bamako avait jugé qu’à compter de juin 2015, Aliou Diallo avait 2 ans pour verser 60 millions d’Euro à Pearl Gold. Hélas, la justice malienne a laissé le dossier aux calendres grecques, laissant planer le doute et une grosse velléité de corruption.

Ainsi, la faillite de Wassoul’or n’a jamais été entérinée par la justice malienne. Qu’attends-elle donc pour remettre Pearl Gold dans ses droits.

Moussa Konaté, un ancien bras droit de Diallo à Kodieran, ne fait pas dans la dentelle. Il pointe du doigt les micmacs de son ancien patron qu’aucun employé n’a pu véritablement cerner. Doit-on comprendre que le patron de Wassoul’or prospère dans les jeux troubles pour émerger politiquement ? Son intimité avec le monde offshore en dit long sur cette hypothèse qui tranche véritablement avec le concept de bonne gouvernance tant attendu par le peuple malien.

Par Alcofris

L’investigateur

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