Koulikoro : Le courage des braves femmes exploitantes de sable et de graviers

Pour cette année, la ville de Koulikoro a fait table rase sur le folklore des festivités du 08 mars après l’attentat terroriste du 24 février dernier contre le camp militaire.

Qu’à cela ne tienne, ce black-out ne doit pas nous faire perdre de vue les efforts des braves femmes dans l’exploitation du sable et du gravier qui gagnent le pain à la sueur de leur front.  Car, la commémoration du 08 mars en principe doit être une occasion pour débattre les conditions de travail et les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées.

C’est pourquoi, l’équipe de votre journal Koulikoro info est allée à la rencontre des braves femmes dans l’extraction de sable et du gravier dans le lit du fleuve à Koulikoroba vers le gouvernorat.

Nous sommes le 12 mars 2019 à Koulikoroba, une centaine de femmes (jeunes dames, vielles mamans et des veuves) croupissent dans l’eau à la recherche du gravier sous un soleil plomb en cette période de décrue favorable à l’exploitation du gravier et du sable dans le lit du fleuve.

La ville de Koulikoro située à 60 km de la capitale malienne compte près d’une dizaines de lieux d’exploitation de sable. Spécifiquement les femmes exploitantes de graviers sont plus nombreuses dans  la zone de Madou Diallo, le fondateur qui a ouvert cette partie du lit du fleuve à l’exploitation il y a plus de dix ans. En plus de Madou Diallo,  Cheick Konaté, le syndicaliste et bien d’autres viennent en appui aux exploitants pour mieux organiser le secteur afin que chacun puisse subvenir à ses besoins fondamentaux.

Aujourd’hui, ils sont 800 personnes à exploiter le sable et du gravier dont plus la moitié est de la gent féminine. Sur le lieu, on peut voir ces dames avec les pèles, des seaux, des tamis, entrain d’extraire le gravier et le tamiser. On peut voir des centaines des tas de graviers amassés par ces braves dames.

Les tas de graviers se mesurent à la capacité  physique des unes et des autres. Quand à savoir les raisons de leur motivation dans l’exploitation de sables, ces dames répondent vouloir venir en appui aux chefs de familles pour la prise en charges des enfants.

Autre raison évoquée et non la moindre, c’est la fermeture de l’HUICOMA, la colonne vertébrale de l’économie de Koulikoro, qui a versé des compressés et leurs femmes dans l’extraction de sable afin de subvenir aux besoins vitaux.  Sur ces sites, le nombre des veuves des compressés et leurs enfants est important et une autre catégorie de femmes qui désirent une autonomie financière. Ces femmes ambitieuses sont encore moins jeunes et passent leur  quotidien dans l’eau avec les pagnes attachés au genou pour se faire fortune dans le gravier.

A Koulikoro, seule l’exploitation du sable et du gravier reste aujourd’hui, la seule activité principale génératrice de revenue pour ces femmes qui constituent 70% des exploitants dans cette activité.

Dans l’exercice de leur travail d’extraction de graviers et de sable, ces dames maquent de moyens d’équipements pour acheminer leur gravier et sable sur  la berge où les gros porteurs se chargent.

Les exploitantes qui ont un revenu annuel comprise entre 50.000F et 150.000F n’ont pas de charrettes et elles sont les plus nombreuses. Celles dont les revenus atteignent 400.000 ou 500.000 F voire un millions sont des propriétaires de charrettes. Mais leur nombre est très limité.

« Si nous pouvons avoir  un âne et une  charrette (150.000 Fcfa) pour acheminer le sable et le gravier à la destination finale pour la vente, nous serons en mesure de faire un business. », suggère, Niagalé Diarra.

« On n’arrive pas souvent à acheminer nos graviers et sable à destination finale pour la vente, jusqu’à ce que la crue du fleuve arrive pour engloutir tous nos efforts d’un an », déplore Aminata Diallo. Et Kadiatou Mariko de soutenir : « L’exploitation du gravier me parait aujourd’hui un bon business qui me permet de secourir à mon mari mais aussi de prendre en charge mes enfants ».

Ce qu’il faut signaler sur le site d’exploitation, c’est le calvaire lié à l’état du tronçon sur lequel le gravier et le sable sont acheminés. C’est pourquoi, l’acheminement du sable et du gravier sur la berge, demeure, aujourd’hui, une épine dans les pieds de ces braves dames qui n’ont que les pèles et les tamis pour travailler. Il faut ajouter que ces dames ne demandent qu’une meilleure organisation des exploitantes de graviers et de sable.

M L Fofana et O. Fofana

Koulikoro.info

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